Mon psy est… toujours insatisfait de mon travail

Plaidoyer pour plus de bienveillance par les psychanalystes envers leurs analysants afin de leur permettre de s'envoler, d'être solides et autonomes.

« Mon psychanalyste me fait souffrir. Je ne vois pas le bout du tunnel de ma cure. J’ai l’impression de ne jamais en faire assez et que, compte tenu de mon passé, il est normal que je sois incurable ».

Vous venez consulter un psy pour résoudre vos souffrances. Mais d’autres nuages, à l’analyse, surgissent. Et la cure dure. Ah, vous avez rencontré hier un patient de votre psy. Il est en thérapie chez lui depuis plus de 15 ans. Cela ne vous a pas rassuré. La grande excuse de votre analyste : « il faut creuser. Je creuse ». Si creuser est une nécessité, elle ne doit pas être finalité ; creuser sans consolider pousse les analysants dans le trou.

Une thérapie sur 15 ans ? Bon sang, une vraie stratégie de fidélisation ! Mais le marketing opère sur des aspects positifs, des motivations. A l’opposé, une thérapie durant depuis trois lustres nous éclaire sur une fidélisation nourrie par la dépendance créée par le soignant.

Une thérapie sur 15 ans ? Là, vous commencez à comprendre que la vôtre n’est pas près de s’arrêter ; vous saisissez pourquoi votre psy vous demande (pardon, vous amène à vous interroger sur la nécessité) de faire des séances, avec un collègue, de Décémo, d’EMDR, d’art thérapie, de psychophanie… En passant, le collègue lui renverra des patients. Fidélisation croisée…

Et ne venez pas manifester votre ire ! Rappelez-vous que vous avez été violé, maltraité, harcelé, que vos parents ont divorcé, que vous êtes orphelin… (un seul de ces « marqueurs » ou plusieurs, évidemment). Alors, pour sûr, débroussailler le tout va prendre du temps. Et si cela est plus long que prévu (la durée d’une cure serait-elle donc prévisible ?), c’est de votre faute car vous n’y mettez ni assez de cœur. Ni assez de travail et d’efforts.

Bienveillance en séance de psychanalyse

Vous constatez enfin que votre psy est désabusé. Il ne le verbalise pas, mais il l’est. Car il ne croit plus en la puissance de la psychanalyse. L’amour de l’autre, par le regard qu’on lui porte et la parole que l’on échange, a été supplanté par la conduite automatique : la séance avance seule, autour de grands modes de raisonnement, toujours identiques. Survient alors le péage. Fin de la séance. A la semaine prochaine.

A l’image du bon père qui encourage, accompagne, sert de rampe au lancement de l’oisillon patient et fragile, mon psychanalyste est sage et bienveillant. Il permet à ses patients-héros de travailler à la mission à laquelle ils sont destinés : être indépendants, clairvoyants. Humains.

Si vous ratifiez les constats posés en introduction c’est qu’alors, oui, vous en êtes un. Et là vous souriez ; le soleil lève la brume.

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Par facilité orthographique et de lecture (nous en convenons), le masculin a été utilisé dans cet article. Point de discrimination !

Si vous souhaitez la version 100% féminine, contactez-nous 😉

La fonction d’un édito est d’être une position frôlant le too much. Il n’en reste pas moins issu de faits bien réels… Empirisme toujours…

Fondateur de Psychanalyste.Paris. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.

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