Baiser, oui. Aimer, non

Les pratiques sexuelles sans amour sont-elles le reflet de la société de consommation ?

Je baise. je prends. je jette. Jamais s’attacher. Même un poil. Je suis le turbo consommateur qui carbure à l’éphémère. Mais je cale sur le lien. Pourquoi aimer ? Que m‘apporte la « profondeur » vantée par l’amour ? J’écume le plaisir de mes jours et de mes nuits. Je papillonne. Je suis mobile. ATAWAD que je baise.

Je loue les corps que j’habite. J’uberise les coffres. J’emprunte pour ne jamais rendre. Je possède sans (m‘)investir. Je ne loue pas l’autre car seul importe mon nombril. Je suis un avare relationnel. Un égotique professionnel.

Le psy : « à quoi cela vous renvoie-t-il ? »

Là, je comprends que si je ne m’aime pas, je ne peux chérir l’autre. Je saisis que consommer autrui est se consumer et chercher à combler un vide métaphysique : la jeunesse de mes conquêtes m’appartient, leur maturité me nourrit, leur expérience m’enseigne.

L’étincelle tendue par mon psy a rallumé ma flamme.

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#inspirationstyle

Article initialement publié le 25 février 2019. Republié depuis.

Fondateur de Psychanalyste.Paris. Profil de Serge-Henri Saint-Michel et articles publiés.

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